PCB

Les PCBs dans les matériaux de construction et bâtiments

Les PCBs (polychlorure de biphenyl) sont des produits chimiques de synthèse ayant été utilisés comme additif pour améliorer la maniabilité et l’élasticité des joints d’étanchéité dans la construction. Ils ont été utilisés essentiellement dans une période allant des années 1950 jusqu’au début des années 1970 et sont officiellement interdits d’utilisation en Suisse depuis 1972. Les PCBs sont principalement présents dans les grandes constructions ayant des ossatures et fondations en béton, constructions sous-terraines, ou éléments de construction préfabriqués identiques reliés par des joints. Actuellement, de nombreux bâtiments construits à cette époque subissent des révisions, réfections ou démolitions et il y a lieu de déterminer la teneur en PCBs de ces éléments dans le but d’éliminer ces polluants de synthèse de manière sécurisée. En ce sens, des mesures et directives sont régies par des normes et ordonnances édictées par l’Office fédéral de l’environnement, des forêts et du paysage (OFEFP). L’exécution de ces directives est assurée par une chaîne d’intervenants qualifiés et accrédités qui sont chargés de déterminer la présence de cette pollution, de la qualifier et, le cas échéant, d’en déterminer la teneur exacte. Enfin, le résultat obtenu de cette mesure définit la ligne de conduite à adopter pour le traitement adéquat des sites et déchets pollués.

Joint de raccordement contenant des PCB

Polychlorobiphenyl (PCB) Général R= -Cl ou -H

Identification et mesure des PCBs par GC-MS

Notre rôle, en tant que laboratoire d’analyses, est de mesurer la teneur en PCBs dans les échantillons qui nous ont été confiés. Une fois l’échantillon reçu et enregistré dans notre laboratoire, nous en mesurons la teneur par chromatographie gazeuse couplée à un détecteur de masse par impacts électroniques (GC-MS). La mesure des PCBs par une telle technique nécessite dans un premier temps que l’échantillon reçu soit prétraité afin d’en retirer les substances interférentes ainsi que d’éventuels éléments qui induiraient des dommages dans les appareils de mesures utilisés ou qui en empêcheraient l’usage. Dans les faits, il est surtout ici question d’en extraire complètement et sélectivement les substances qui nous intéressent dans le cadre de cette analyse. Ces prétraitements sont régis par des modes opératoires et normes, définis et reconnus par des spécialistes au niveau national et international (normes EPA, ISO, DIN). Une fois ces prétraitements accomplis, nous sommes en mesure d’injecter des portions infinitésimales de ces échantillons dans l’appareil GC-MS qui, avec une calibration adéquate, est en mesure de nous en indiquer la teneur. La sensibilité minimale de détection de ces éléments est fixée à 2 ppt par congénère (part per trillion) pour les échantillons aqueux et 2 ppb par congénère (part per billion) pour les échantillons solides.

Détails sur les molécules de PCB et leur désignation

Il y a lieu de tenir compte que les PCBs sont une famille de molécules et que chaque membre de cette famille est qualifié de congénère. Ces molécules sont utilisées sous forme de mélanges de plusieurs congénères différents pour une application précise dans le domaine du bâtiment. Chaque congénère peut avoir une masse égale ou différente d’un autre et, par conséquent, être caractérisable plus spécifiquement par la répartition des éléments dans son arrangement moléculaire (cf. Illustration ci-dessous).

PCB congénère 28

PCB congénère 52

PCB congénère 138

La technique de mesure utilisée dans cette méthode nous permet d’identifier ces molécules par leur masse uniquement, c’est pourquoi nous nous limitons à une quantification standardisée de ces congénères. C’est-à-dire que les congénères sont facilement identifiables et quantifiables car leur détection est souvent issue de leur application dans des mélanges techniques contenant des proportions de congénères différents documentés et référencés (ex. Aroclor 1254). Une détermination plus spécifique de la nature du mélange nécessiterait des techniques de mesures plus poussées qui n’ont pas cours dans cette méthode.

Enfin, il est possible d’indiquer par cette méthode une teneur totale en PCB et/ou une teneur détaillée par congénère comme décrit ci-dessus. L’intérêt de ces alternatives réside dans la qualification de la toxicité globale de la pollution et dans le traitement en déchetterie de ces déchets contaminés étant donné leur capacité à se transformer en produit secondaire (dioxine) si leur traitement par combustion n’était pas fait de manière adéquate et complète. Ces dioxines sont des produits secondaires encore plus toxiques et plus difficiles à traiter étant donné leur grande stabilité moléculaire.

Sources
  • PCB dans les masses d'étanchéité des joints, Substances / Déchets ; Publié par l’Office fédéral de l’environnement, des forêts et du paysage OFEFP Berne, 2003.

  • Méthodes d’analyse dans le domaine des déchets et des sites pollués, 2017, L’environnement pratique ; Office fédérale de l’environnement OFEV

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